Malicia : construire le mental d’un cheval de ranch

Malicia a 4 ans. Elle était non débourrée lorsque nous avons commencé son travail et totalise aujourd’hui tout au plus 2 à 3 heures de selle.
Avec elle, je n’ai pas cherché à aller vite.
L’objectif n’est pas d’obtenir rapidement un cheval capable d’enchaîner des exercices en carrière. Je cherche d’abord à développer un mental avant beaucoup de technique : un cheval qui comprend ce qu’on lui demande, observe son environnement, reste disponible et apprend progressivement à gérer des situations différentes.
Nous sommes donc restés sur des choses simples : avancer, s’arrêter, tourner, reculer, déplacer les épaules ou les hanches. Montée, elle travaille encore essentiellement au pas.
Cela peut paraître peu, mais ces bases conditionnent presque tout le reste.
Je préfère un cheval qui fait peu de choses mais qui les comprend, plutôt qu’un cheval auquel on a appris beaucoup d’exercices sans avoir réellement construit les fondations.
Sortir de la carrière
La carrière est utile pour préciser certaines réponses, mais un cheval de ranch ne peut pas apprendre uniquement dans un environnement contrôlé.
Malicia sort donc aussi à pied. Lors de sa dernière sortie, elle a parcouru environ 3,7 km aux côtés d’une autre jeune jument, déjà débourrée et calme, avant de terminer une partie du trajet avec davantage d’autonomie.
L’idée était simplement de lui faire découvrir l’extérieur dans un contexte rassurant.
Ces sorties permettent aussi de mieux connaître le cheval. Malicia peut être inquiète face aux véhicules en mouvement, alors qu’elle ne montre pratiquement aucune crainte envers les chevaux inconnus. Elle observe beaucoup et possède déjà un caractère assez affirmé.
Le but n’est pas de supprimer ce caractère, mais de lui apprendre à rester disponible malgré ce qui se passe autour d’elle.
Le bétail comme contexte d’apprentissage
Les bovins font naturellement partie de son éducation.
Lors de ses premières séances montées au milieu du troupeau, Malicia s’est montrée très calme. Elle a pu marcher derrière les vaches et participer à leurs déplacements avec d’autres chevaux qu’elle connaissait peu, malgré ses quelques heures de selle seulement.
Je ne lui demande évidemment pas encore un véritable travail technique sur le bétail.
À ce stade, les vaches servent surtout de contexte d’apprentissage : avancer vers quelque chose, s’arrêter, attendre, suivre un mouvement, changer de direction ou rester attentive malgré les autres chevaux.
Les bases travaillées en carrière trouvent alors immédiatement une utilité.
Le cheval ne tourne plus simplement parce que je lui demande de tourner. Il tourne parce qu’il faut se placer pour accompagner une vache.
Et cette différence m’intéresse beaucoup.
Apprendre aussi à attendre
Je veux également que Malicia puisse participer à la vie du ranch sans être constamment sollicitée.
Elle peut rester arrêtée pendant que je donne un cours, observer d’autres chevaux, regarder les bovins ou me voir manipuler une corde et un lasso.
Un cheval de ranch doit pouvoir travailler, mais aussi attendre son tour, observer et rester disponible sans monter en pression.
Cela fait aussi partie de son éducation.
Pour la suite
Malicia devra encore progresser dans son impulsion et sa direction, découvrir davantage d’allures, devenir plus autonome en extérieur et rencontrer de nombreuses situations : circulation, obstacles, corde, bovins différents ou déplacement du troupeau.
La technique viendra progressivement.
Pour l’instant, je préfère construire un cheval capable de regarder, réfléchir, attendre et rester disponible, plutôt que rechercher trop vite des réponses plus avancées.
Je sais assez bien quel cheval j’aimerais construire : un cheval calme sans être éteint, capable de fonctionner dans des situations réelles et différentes.
Pour Malicia, nous n’en sommes encore qu’au début.
Mais jusqu’ici, ce début me plaît beaucoup.

Laisser un commentaire