Pourquoi nous faisons autant de choses au pas

Quand on pense équitation western, on imagine facilement du galop, des stops, des changements de direction rapides ou un lasso qui tourne.
Au ranch, pourtant, une grande partie du travail se fait… au pas.
Et ce n’est pas parce qu’il ne se passe rien.
Le pas laisse le temps de réfléchir
Déplacer un troupeau ne consiste pas à courir derrière des bovins.
Il faut observer leur direction, anticiper un mouvement, choisir sa place, mettre juste assez de pression puis savoir la retirer.
Au pas, le cheval apprend à rester disponible sans monter en tension. Il peut regarder le bétail, comprendre ce qu’on lui demande et ajuster sa trajectoire sans précipitation.
Le cavalier, lui aussi, a le temps de réfléchir à son placement.
Aller lentement demande beaucoup de contrôle
Marcher droit dans une allée, tenir une ligne derrière un troupeau, avancer de quelques mètres puis s’arrêter, déplacer une épaule pour approcher une porte ou attendre immobile pendant que les autres travaillent : rien de tout cela n’est spectaculaire.
Mais rien de tout cela n’est automatique non plus.
Pour le cheval de ranch, être capable de faire peu, précisément et sans tension est une vraie compétence.
Il doit pouvoir accélérer quand c’est nécessaire, mais aussi conserver un pas régulier quand l’environnement devient plus stimulant.
Le calme fait partie du travail
Il arrive qu’un cheval reste plusieurs minutes sans bouger pendant que des bovins passent devant lui.
Vu de l’extérieur, on pourrait croire qu’il attend simplement.
En réalité, il apprend à ne pas intervenir tant qu’on ne lui demande rien.
C’est essentiel.
Un cheval qui anticipe constamment, accélère tout seul ou cherche à contrôler le troupeau à la place de son cavalier peut rapidement compliquer une situation.
Le bon cheval de ranch doit être présent, attentif… mais capable d’attendre.
Le pas permet aussi de construire les jeunes chevaux
Avec un jeune cheval, nous cherchons d’abord à rendre les choses simples.
Suivre une trajectoire.
S’arrêter.
Repartir.
Changer de direction.
Déplacer les épaules ou les hanches.
Approcher une porte.
Suivre tranquillement un bovin.
Le travail réel donne ensuite progressivement un sens à ces apprentissages.
Plutôt que de multiplier les exercices, nous essayons de les utiliser dans des situations concrètes.
Et très souvent, le pas suffit largement pour apprendre.
La vitesse vient ensuite
Cela ne signifie pas qu’un cheval de ranch doit toujours travailler lentement.
Il doit être capable de trotter pour reprendre une position, de partir rapidement pour bloquer un bovin ou, avec l’expérience, d’effectuer certaines manœuvres beaucoup plus dynamiques.
Mais la vitesse n’a d’intérêt que si le contrôle existe déjà.
Au ranch, nous préférons donc construire d’abord un cheval capable de marcher calmement vers son travail, de tenir sa place et d’attendre.
Parce qu’avant d’être rapide, un cheval de ranch doit surtout être utile.

Laisser un commentaire